Quel avenir pour l’Ukraine selon Trump ?

Quel avenir pour l’Ukraine selon Trump ?

La récente élection de Donald Trump semble avoir déclenché un vent de panique en Europe. Les pires scénarios catastrophes répandent l’avenir proche d’un abandon de l’OTAN, d’un rapprochement avec Poutine et d’un plan de capitulation imposé à l’Ukraine.

Il ne semble pas faire l’ombre d’un doute dans l’esprit de certains qu’il existerait une internationale des méchants, pour ne pas dire carrément un complot de tous ceux qui n’adhèrent pas au catéchisme du progressisme et dont Donald Trump et ses acolytes seraient les instigateurs.

Il existerait un sombre plan pour évincer l’Europe de l’échiquier mondial. Les Etats-Unis se refermeraient sur eux-mêmes comme une huitre. L’Amérique abandonnerait l’Europe, voire engagerait une guerre commerciale et diplomatique contre le vieux continent.

Comme si en Europe, on n’en avait pas assez avec le matraquage quasi quotidien de la future apocalypse climatique et qu’il faille y ajouter la perspective d’une prochaine apocalypse géopolitique.

Le brouillard va se lever

Il faut dire que depuis pas mal de temps, la propagande pro-russe fait écho avec force à ce scénario catastrophe, laissant courir à loisir l’idée (démentie par les Russes eux-mêmes) selon laquelle le Kremlin attendait avec impatience l’élection de Donald Trump.

Mais que pouvons nous constater maintenant que nous y sommes, que Donald Trump a été effectivement réélu ?

Il semble assez évident que l’amour fou tant évoqué entre l’hôte actuel du Kremlin et le futur locataire de la Maison Blanche soit bien du domaine de l’incantation, voire relève carrément du bon gros mensonge.

Le message de Vladimir Poutine pour saluer l’élection de Donald Trump a été on ne peut plus minimal. Deux jours après les résultats, le nouveau président élu n’a d’ailleurs toujours pas été en contact avec son homologue Russe, alors qu’il a clairement passé son temps à faire le tour des chefs d’Etats de la planète. Son entourage a d’ailleurs communiqué malicieusement que Donald Trump allait bien parler avec Mr Poutine un de ces jours.

Le message diplomatique semble clair. On ne fait pas attendre ses amis. On fait encore moins encore attendre ses partenaires.

La politique étrangère, grande absente de la campagne

Donald Trump avait fanfaronné pendant la campagne être en mesure de régler la guerre en Ukraine en 48 heures. Beaucoup de monde en avait conclu qu’une fois élu, Trump imposerait un cessez le feu immédiat et donnerait ainsi une quasi-victoire aux Russes, leur laissant la main mise sur le Crimée et le Donbass.

L’entourage de Trump avait alors vite senti qu’il était vain d’essayer de convaincre l’opinion que le scénario envisagé n’avait rien à voir avec le scénario agité comme un épouvantail d’une collusion avec la Russie.

Clairement, cela n’avait aucun intérêt dans la campagne de Donald Trump de parler de politique étrangère et de brouiller ainsi l’effort de campagne centré sur le pouvoir d’achat et l’immigration.

Retour le 11 mars 1941 ?

Mais une petite explication de texte a quand même été révélée mi-juillet, sous la forme d’une lettre ouverte signée conjointement par l’ancien secrétaire d’Etat de Donald Trump qui l’avait également nommé patron de la CIA, Mike Pompeo et d’un ancien membre de l’équipe de campagne de Donald Trump, plusieurs fois pressenti pour devenir le chef de cabinet de l’administration Trump, David Urban et publiée dans le Wall Street Journal, journal plutôt destiné à la sphère économique, mais considéré par les Américains de tous bords politiques comme l’organe de presse le plus fiable.

Ce texte assez court et titré « Un plan de paix de Trump pour l’Ukraine » détaille en 4 points les axes qui pourrait constituer la direction politique de la nouvelle administration Trump.

  1. Renforcer l’industrie de défense Américaine, dans le but de montrer aux adversaires clairement désignés : la Russie et la Chine, que toute course aux armements avec les USA est perdue d’avance.
  2. Revitaliser l’OTAN, en « demandant » aux membres de payer leur « juste part », concrètement d’augmenter à 3% du PIB leur effort de défense.
  3. De créer un programme de « Lend-lease » de 500 milliards de dollar à destination de l’Ukraine pour permettre à l’Ukraine de s’équiper du tout dernier matériel américain disponible.
  4. De lever toutes les restrictions dans l’usage par l’Ukraine du matériel américain.

Aucune alternative

Le reste du texte présente le contenu du fameux « deal fait en 48 heures » : la guerre s’arrête immédiatement et l’Ukraine est équipée militairement pour enlever toute prochaine velléité belliqueuse. La Russie se retire des territoire Ukrainiens, l’Ukraine est rebâtie avec l’argent des avoirs Russes gelés, l’Ukraine rejoint l’OTAN et est admise dans la communauté Européenne.

Si la Russie admet ce plan, les sanctions seront progressivement levées, jusqu’à ce que l’Ukraine soit intégrée dans l’OTAN et dans l’Union Européenne.

Si la Russie n’admet pas ce plan … et bien le plan reste le même et la Russie aura devant elle une armée Ukrainienne équipée d’AWACS, de F35, de missiles de croisière longue portée et servant de laboratoire d’expérimentation grandeur nature de toutes les petites inventions que le complexe militaro-industriel américain et les agences gouvernementales américaines ont dans leurs cartons.

L’entourage de Trump n’a pas rejeté ni même démenti ce plan, qui émane quand même d’une des rares personnes qui soient restées en poste deux ans dans l’administration Trump et qui a été l’architecte du support en moyens de guerre asymétrique à l’Ukraine.

Information ou incantation ?

Ce texte peut résulter d’une manœuvre du complexe militaro-industriel américain ou d’un vœux pieu de la part de Mike Pompeo, mais celui-ci est quand même largement cité parmi les favoris dans la composition de la future administration Trump.

 Il est à noter d’ailleurs que les noms figurant à la fois dans la liste des possibles secrétaires d’Etat et secrétaires à la Défense sont quasiment tous des anciens militaires ou des membres du renseignement.

Il est clair cependant que ce plan, qui ne laisse aucune porte de sortie à Vladimir Poutine, est parfaitement dans la ligne de la méthode de « négociations » à la Donald Trump.

Le Wall Street Journal semble d’ailleurs préparer le terrain de l’opinion, en confirmant qu’il existe bien un ou plusieurs plans concernant l’Ukraine, démentant ainsi le refrain répété depuis des semaines comme quoi le « deal en 48 heures » était une pure fanfaronnade.

Le plus étonnant est quand même que ce plan, publié il y a plus de trois mois, soit resté sous silence pendant tout ce temps.

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