Bientôt l’été ! Bientôt le retour du Réchauffement Climatique !

Bientôt l’été ! Bientôt le retour du Réchauffement Climatique !

Il y a au moins un point positif avec le moi de mai pourri que nous venons d’avoir : on n’a pas ou peu entendu parler du changement climatique. Le Climat a fait une pause, à moins qu’il n’ait fait grève, par solidarité avec les pharmaciens, les salariés d’ExxonMobil, les conducteurs du RER A, les professeurs d’Epernay, les contrôleurs aériens …

Mais les beaux jours approchent et avec eux, toute la farandole d’apocalypse qui va avec : canicule, sécheresse, orages dévastateurs, crues, glissements de terrains, inondations, feux de forêts …

Sommes nous prêts pour une nouvelle saison de fin du monde ?

Nous sommes en 36 après la fondation du GIEC ; toute la Gaule est maintenant occupée par les esprits raisonnables et se prépare au choc thermique annoncé. Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Si on en croit cette alarme diffusée à grand renfort de publicité en préparation de la météo estivale apocalyptique à venir : un Français sur cinq serait climatosceptique. Un Français sur cinq serait un dangereux conspirationniste, antiscience, égoïste … facilement dépeint comme un véritable idiot.

Finger Pointing

Ce narratif, à fois culpabilisant et rassurant est en fait loin de refléter la réalité. Si les opposants radicaux et affirmés qui nient tout en bloc sont à la fois peu et suffisamment nombreux pour déchainer les critiques des écologistes et des partis qui ont endossé cette cause dans leur programme, la réalité dans la population est très loin du fameux auto-proclamé consensus sur le sujet.

Une étude menée par l’IPSOS dans le monde entier pour l’Observatoire International Climat et Opinions Publiques d’EDF nous révèle en effet qu’à l’échelle mondiale, les climatosceptiques représentent plutôt un tiers de la population et que la France se situe dans cette moyenne.

Encore faut-il différencier, parmi les personnes convaincues d’un réchauffement d’origine humaine, ceux qui pensent que celui-ci aura un effet négatif certain et ceux qui pensent qu’il sera soit bénéfique, soit maitrisable ou que la société humaine saura s’adapter.

De ce point de vue, la France se situe dans la moyenne mondiale : à peu de choses près, une personne sur deux pense en effet que le réchauffement climatique aura principalement des conséquences négatives, et une personne sur deux pense le contraire : qu’il y aura soit autant de points positifs que négatifs ou même que l’effet (s’il y a) sera bénéfique ou insignifiant.

Donc effectivement, seulement 20% de la population Française se déclare ouvertement climatosceptique, mais si on regarde les choses dans un miroir, seulement la moitié de la population souscrit complétement avec le narratif pessimiste que l’on oppose systématiquement au scepticisme.

Il est simplement à noter qu’au point de vue mondial, cette sensibilité climatique diminue assez linéairement selon un axe opposant d’un coté et les pays émergents et le sud et à l’autre coté l’occident et le Nord, indiquant en cela qu’il y a certainement ici un véritable enjeu géostratégique (et donc d’importantes opportunités économiques auxquelles il faudra répondre si on veut éviter les tensions), enjeu par ailleurs totalement occulté par la saturation des injonctions quotidiennes et des alertes météorologiques.

Adieux Greta

Cette même enquête nous apprend également (page 40) que l’âge, la catégorie socio-professionnelle, le niveau de revenu ou le niveau d’étude n’ont quasiment aucun impact sur la perception du changement climatique. La « génération climat », tout comme les agrégat « climat – inégalités », « climat – boomer » ou « climat – citadins » n’ont en fait aucune réalité statistique.

Les phénomènes hyper médiatisés : Greta Thunberg, extinction-rébellion et autres collectifs de jeunes luttant pour leur avenir sont déconnectés de la réalité des chiffres. La Suède (pays d’origine de la jeune activiste aux couettes), que l’on nous décrit souvent comme le calice de l’écologie est ainsi classée (page 34) parmi les pays soutenant le plus le déni climatique. L’existence d’une jeunesse éveillée, angoissée, voire terrorisée par le Climat est un fantasme, qu’un esprit taquin pourrait même soupçonner d’être proche de l’excuse pour justifier les violences commises en son nom.

Déconnection entre politiques et populations

Cette distorsion entre la réalité des chiffres (qu’ils soient nationaux ou mondiaux) et les différents discours, est suffisamment importante pour laisser envisager de voir apparaitre un impact significatif, à la fois dans la vie politique Française et dans les relations internationales, l’enjeu climatique ayant été érigé comme fer de lance de nombre de politiques à travers le monde.

Trois Français sur quatre jugent urgent de réduire la dette qu’a contracté l’Etat Français. Trois Français sur quatre placent le pouvoir d’achat en tête de leurs préoccupations. Trois Français sur quatre étaient contre la réforme des retraites. A rajouter à cela l’avalanche de faits divers, l’instabilité politique, sécuritaire et géopolitique, la guerre en Ukraine, les tentatives de déstabilisation au moyen Orient et en mer de Chine, etc … qui s’il n’apparaissent pas encore spontanément dans les sondages sont pourtant bel et bien à l’affut et remettent sérieusement en question l’ordre des priorités.

L’enquête citée précédemment (page 17) confirme d’ailleurs bien cette distorsion du sens des priorités au niveau mondial.

D’un point de vue international et national (et ce n’est pas le cas uniquement en France), tous ces chiffres sont contradictoires les uns avec les autres. Ils sembleraient indiquer que les citoyens veulent à la fois le beurre et l’argent du beurre : réformer les retraites mais réduite la dette, augmenter le pouvoir d’achat mais sans travailler plus, combattre le réchauffement climatique par la décroissance, mais aussi combattre la pauvreté et réduire les inégalités, ce qui revient à de la croissance, etc…

Ces contradictions flagrantes sont en fait le résultat de la gigantesque confusion entretenue à grand renfort de communication par les différents partis et qui donne au final l’impression que l’on peut tout demander aux politiques, que la fameuse démocratie tant invoquée serait la version humaine des complaintes des oisillons dans le nid quémandant pour la béquée.

La discussion écologique et climatique est le fer de lance de cette confusion. Elle a été élevée à un rang d’importance éminemment plus élevé que la réalité des préoccupations de la population et surtout politisée à outrance.

Les chiffres de l’étude ou ceux des différents sondages montrent clairement que l’éco-anxiété est déconnectée du narratif climatique : si il est vrai qu’une majorité des Français se dit être anxieuse des dérèglements climatiques, seuls 8% placent la crise environnementale en tête de leurs préoccupations.

Une histoire montée de toutes pièces ?

Ce chiffre de 8% est dans le même ordre de grandeur que le nombre d’électeurs écologistes en France : un chiffre à la fois minoritaire mais suffisamment important pour avoir un poids électoral.

Mais depuis maintenant plus de 40 ans que l’écologie politique est apparue en France, les scores des écologistes aux élections n’ont clairement pas décollé. Le résultat de la liste verte en France et des diverses listes écologiques en Europe aux dernières élections Européenne confirme d’ailleurs clairement cette tendance.

La vie politique aurait du respecter cet ordre d’importance, certes tout à fait écoutable, mais très certainement minoritaire et ce depuis nombre d’années. Mais non, en 40 ans, le sujet écologique a pris une place énorme dans la vie publique. Du fameux « la maison brule » de Jacques Chirac à la suppression des vols de moins de 2h30, en passant par la COP21, le Green Deal ou le plan de rénovation énergétique, il n’y a pas que les bulletins météos estivaux que le narratif climatique ait envahi. On a abouti à des décision politiques incroyablement engageante pour l’avenir et le portefeuille des citoyens. Le plan d’investissement du pacte vert pour l’Europe prévoit ainsi un investissement public et privé de 1000 milliards d’euros pour les 10 ans à venir !

Ce dernier chiffre est tout simplement gigantesque. Nous sommes très, très loin des messages d’injonction à éteindre les box internet ou à fermer le robinet lorsque l’on se lave les dents.

Les chiens aboient et la caravane passe

Comment ne pas penser que les gentils écolos anticapitalistes avec leurs sandales et leurs fleurs dans les cheveux n’ont été rien d’autre que les idiots utiles d’un gigantesque emballement étatiste accompagné d’un énormes business de marchés publics et de subventions, de taxes et de réglementations ?

En 1966, la fin du pétrole dans les dix ans à venir faisait la une des journaux. En 1988, on prévoyait que les Maldives seraient sous l’eau en 2018, îles Maldives qui viennent d’inaugurer un nouvel aéroport pour faire face au boom touristique …

Inutile de croire à une quelconque vérité révélée. Que l’histoire de l’apocalypse climatique soit vraie ou fausse, que le réchauffement soit d’origine humaine ou non … toutes ces polémiques n’ont en définitive plus aucune importance : la mal est fait. Le clivage est consommé.

L’Etat a une énorme responsabilité : celle d’avoir politisé et instrumentalisé un sujet qui nécessitait calme et raison. Comme d’habitude, il s’est occupé de ce qui ne le regardait pas. Comme d’habitude, il a abondé de grands discours, de promesses et de fières résolutions. Au lieu d’aider la société, il a prétendu lui apprendre la vérité et savoir mieux que chacun ce qui serait bon pour lui. Au lieu de regarder ce qui unit les gens entre eux, il a attisé la division.

Peut-on ensuite s’étonner ensuite de voir la croissance des divers extrémismes ?

L’écologie est un défi économique et technique

Les écologistes pourront tant qu’ils veulent nous expliquer qu’il faut réduire les consommations d’énergie, si les chaleurs augmentent, rien n’empêchera les gens d’acheter des climatiseurs. L’humain est ainsi fait : à chaque problème, il cherche une solution.

Il est très facile de décrier les libéraux et libertariens sur leur soi-disant manque de solutions politiques face à l’écologie. Laissons les s’enflammer. Le seul et unique résultat de leurs actions est d’ajouter du chaos à la déliquescence politique.

Pour l’instant, toutes les solutions proposées ou imposées par le biais des réglementations et la mobilisation d’argents public sont au mieux inutiles, mais le plus souvent franchement néfastes : que ce soit la taxations des énergies et des véhicules, les paysages défigurés par les éoliennes, le détournement massifs des diverses aides et subventions, sans compter le détournement des taxes soi-disant écologiques pour tout simplement nourrir le léviathan.

Quand il y a un marché – et clairement, s’il apparaît de profonds changements climatiques, d’immenses marchés s’ouvriront – il y a toujours des solutions qui apparaissent.

Ce n’est pas un hasard si des entreprises comme Edf, Total ou Renault en France, mais aussi toutes les multinationales, investissent dans l’intelligence écologique (comme l’enquête à laquelle il est fait ici abondamment référence) pour comprendre le marché et ne pas rater les opportunités qui se présenteront.

Contrairement à l’Etat, contrairement aux partis politiques, surtout contrairement aux écologistes, toutes les corpos ont élaboré un plan d’action face aux défis et aux demandes environnementales. Un vrai plan d’action, pas une liste de fantasmes et d’anathèmes : (à la va vite et pour pure illustration : FujitsuSchneiderUnileverWalmartAmazon … ) Toutes peuvent dire merci aux gentils anticapitalistes et autres naïfs qui croient encore que la politique dirige le monde.

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