Depuis le début de la crise la tendance est de gouverner par la peur. L’obsession de tout contrôler mêlée à la peur a des effets désastreux sur nos sociétés.
C’est bientôt Noël. Mais cette année, après plusieurs décennies, voire quelques siècles mêmes de longue tradition, les États providences occidentaux ont décidé de changer de costume. Plutôt que d’enfiler le long manteau rouge et blanc, d’arborer la barbe blanche et l’embonpoint généreux, les distributeurs de cadeaux payés avec l’argent des autres ont cette année décidé de se transformer en Père Fouettard.
Sacré coronavirus !
Et sacrés citoyens ! Jamais capables de respecter les consignes qu’on leur donne. Ce n’est pas bien compliqué tout de même, non ?
L’hiver approche. L’hiver est là. La cinquième vague se profile. Elle va tous nous submerger. Le chaos va envahir les hôpitaux. Les mesures prises ne sont plus suffisantes. Il faut les renforcer. Il faut veiller à ce qu’elles soient bien respectées.
Marteler, répéter, menacer, crier !
Les Allemands seront « vaccinés, guéris ou morts » à la fin de l’hiver !
Les Français font preuve de relâchement au travail : ça suffit !
Le taux d’incidence explose chez les 6-10 ans : c’est grave, très grave !
La cinquième vague est fulgurante : c’est inquiétant, très inquiétant ! C’est sûr, ça va mal finir !
Ce n’est pas bien de ne pas respecter les gestes barrières ! Ce n’est pas bien de ne pas se faire vacciner : c’est mal et vous serez punis !
Peur partout, raison nulle part
Finis les quoiqu’il en coûte et autres arrosages d’argent magique qui arrangeaient tout le monde. Maintenant on arrête de rigoler : on passe aux choses sérieuses ! Conseil de défense, masques, vaccin… un confinement n’est « plus à écarter »…
Deux ans à être gouvernés par la peur et l’infantilisation. Deux ans à être gouvernés par des apprentis médecins aux agendas obscurs et des épidémiologistes savants autodéclarés. Deux ans à être gouvernés par des gens totalement paniqués qui courent partout comme des poulets sans tête.
Un coup de fusil en l’air et tous les lapins se ruent dans leur terrier.
Ah, qu’il est regretté ce temps béni où le calme, où le summum de l’adrénaline, c’était juste avant le passage à la télé pour l’annonce d’une mesurette sans aucun impact mais qui allait faire parler d’elle (et de soi) pendant des jours !
Mais là, depuis deux ans, c’est Verdun, c’est la tranchée des baïonnettes, c’est le fort de Douaumont ; nos dirigeants sont confrontés à un danger gigantesque et historique ; rendez-vous compte : si vous sortez dans la rue sans prendre de précaution, vous risquez d’attraper un rhume !
La vie, c’est dangereux
Parce que pour quasiment toute la population, l’infection respiratoire qui circule en toute liberté pour qui refuse obstinément de se confiner et de rester derrière les barrières, c’est entre un petit rhume et une bonne grippe.
Ok, pour certains autres, ça peut être grave, même extrêmement grave. Mais se prendre un chauffard à un carrefour ou renverser sa friteuse sur soi, ça aussi, c’est très, très grave.
Entendu, me direz-vous, mais l’État s’occupe aussi de la sécurité de la route et des accidents domestiques. À cela il n’y a qu’une chose à admettre, et sans aucune hésitation : c’est vrai, l’État s’occupe de tout !
Il s’occupe de tout et en fait des statistiques. Puis il crée des experts qui sélectionnent les causes. Puis il fait un plan, passe à la télé et se fait applaudir. Finalement, le contribuable passe à la caisse et toute une junte de parasites diplômés gère ses petits pactoles d’argent public dans un seul et unique but : faire en sorte qu’ils ne diminuent jamais.
Quand on veut, on y met les moyens !
La vérité, c’est la vérité
Toute cette entreprise de construction d’échafaudages de déficits publics était bien rodée, bien organisée. Pour faire passer la pilule, dès la maternelle on conditionnait d’ailleurs les citoyens dans l’adoration des bienfaits de l’État nounou. L’État qui s’est depuis belle lurette attribué le contrôle de l’éducation dès le plus jeune âge, histoire de bien contrôler le formatage.
Dès 3 ans, chaque citoyen recevait donc l’immense privilège de pouvoir bénéficier d’une éducation gratuite et de qualité, première introduction dans un système social que « le monde entier nous envie ».
On allait ainsi surtout éviter aux futurs contribuables d’être contaminés par toutes ces maladies mentales qui remettent en question la toute-puissance divine et la générosité incommensurable de l’État : esprit critique, tolérance, doute, curiosité, humilité…
La science, c’est la vérité. Le gouvernement s’appuie sur la science pour prendre ces décisions. Le gouvernement a donc toujours raison. Fin de la discussion.
Le grain de sable dans la chaussure
Mais depuis deux ans, il y a un problème. C’est la guerre. Depuis deux ans, l’État, les politiciens, les haut fonctionnaires ont inventé une guerre contre un ennemi invisible. Depuis deux ans, tout ce joli petit monde crève littéralement de trouille. Contrairement à ce que l’on peut ressentir : ils ne gouvernent pas par la peur, c’est la peur qui les gouverne.
Sacré virus, qui ne veut jamais faire ce qu’on attend de lui, qui ne veut pas se confiner, qui ne veut pas se vacciner, qui ne veut pas rester derrière les barrières… Mais pourquoi ?
Quelques-uns ont bien pris la dimension de cette peur qui gouverne ceux qui sont censés nous gouverner. Quelques-uns ont bien compris qu’il fallait arrêter d’avoir peur d’un gouvernement qui était systématiquement faible avec les forts et croyait le cacher en se proclamant fort avec les faibles.
Une petite semaine de grève générale… et l’obligation de vaccination obligatoire par des vaccins à ARN messager pour les soignants a été bazardée en Guadeloupe. Les infirmières et aides-soignants qui se sont trouvés à la rue en métropole, sans d’ailleurs même avoir accès au RSA, sont verts de rage. Quelques jours plus tard, la grève générale s’est étendue en Martinique, et maintenant à Tahiti…
La fin des maréchaux et des grands chanceliers
Qui est à blâmer pour ce manque flagrant de courage, assorti d’une versatilité décomplexée et d’une mauvaise foi congénitale que l’on semble bien retrouver dans tous les gouvernement occidentaux et qui atteint des sommets en France ?
Sans doute, personne. Les États providence, héritage laissés par des grands militaires et des grands diplomates qui voulaient ainsi renforcer la puissance de leur pays, n’ont plus leur place dans un monde sans frontières et sans guerres.
Or c’est ce monde que veulent les gens, d’où leur désintérêt envers la politique. D’où la médiocrité et le manque de courage de plus en plus flagrant chez ceux qui choisissent par ego ou par défaut de briguer des fonctions publiques.
Quand on est visionnaire, quand on aspire à de grandes choses, quand on veut aider son prochain, quand on croit à un destin pour l’humanité, on monte une startup et on devient milliardaire, pas fonctionnaire.
Article initialement paru sur Contrepointsle 23 juin 2022
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